Espace Succession du groupe BPCE : comment l’utiliser ?

Après un décès, le courrier d’une banque ou d’un assureur invite parfois à se connecter à un « Espace Successions » avec un identifiant que l’on ne reconnaît pas. L’Espace Succession du groupe BPCE ne se confond ni avec l’agence où se déclare le décès, ni avec le dossier du notaire, ni avec la banque en ligne habituelle du défunt. Plusieurs portails, plusieurs interlocuteurs et des délais légaux qui courent déjà : mélanger les guichets, c’est risquer de reprendre une démarche à zéro.
En bref
- L’Espace Successions de BPCE est un portail de BPCE Vie destiné aux bénéficiaires d’un contrat d’assurance vie ou de prévoyance d’un client décédé de Banque Populaire ou de Caisse d’Epargne : on s’y connecte avec FranceConnect ou avec l’identifiant et le mot de passe reçus après la déclaration du décès [1][2].
- Les comptes bancaires du défunt ne passent pas par ce portail : le décès se déclare à l’agence, sur rendez-vous avec le conseiller succession à Banque Populaire, ou auprès de l’agence qui détient les comptes à la Caisse d’Epargne [3][4].
- Dès que la banque connaît le décès, les comptes individuels sont bloqués ; funérailles, soins de la dernière maladie et impôts du défunt peuvent encore être réglés, dans la limite de 5 965 € [5].
- Un notaire est obligatoire si la succession comprend un bien immobilier, un testament ou une donation entre époux, ou atteint 5 965 € ; la déclaration de succession se dépose dans les 6 mois du décès en France métropolitaine [6][7].
À quoi sert l’Espace Successions de BPCE ?
C’est le portail en ligne que BPCE Vie met à la disposition des bénéficiaires d’un contrat d’assurance vie ou de prévoyance d’un client décédé de Banque Populaire ou de Caisse d’Epargne, après réception d’un courrier de BPCE Assurances qui les invite à s’y connecter [1]. Il s’intitule « Espace Successions Assurances » et propose une vidéo de présentation ainsi qu’une aide à la connexion en PDF [2].
Il ne remplace ni la déclaration du décès à la banque ni le notaire. Pour un client Banque Populaire titulaire d’une assurance vie, la banque propose un formulaire en ligne pour démarrer la démarche du bénéficiaire [4]. Le fonctionnement d’un contrat d’assurance vie en général est présenté dans l’article sur le rachat d’assurance vie.
Comment se connecter à l’Espace Successions ?
La connexion se fait avec FranceConnect ou avec l’identifiant et le mot de passe transmis à la suite de la déclaration du décès [2]. Dans l’ordre :
- Retrouvez l’identifiant en page 2 du courrier « Envoi de l’identifiant de connexion à votre Espace Successions », remis par courrier à domicile ou en main propre en agence [2].
- Attendez le mot de passe, envoyé dans un courrier séparé ; si l’identifiant a été remis en agence, il arrive par SMS ou par courriel [2].
- Saisissez les deux sur la page de connexion : à la première connexion, le changement du mot de passe est obligatoire [2].
- En cas de perte, utilisez les liens « J’ai oublié mon mot de passe » ou « J’ai oublié mon identifiant » ; à défaut, contactez l’agence la plus proche [2].
FranceConnect, présenté sur la page comme la solution de l’État pour sécuriser et simplifier la connexion aux services en ligne, est l’alternative à l’identifiant reçu par courrier [2].
Comment déclarer le décès à la Banque Populaire ou à la Caisse d’Epargne ?
La déclaration se fait auprès de la banque, en agence ou, à la Banque Populaire selon les établissements, en ligne, avec l’acte ou le certificat de décès, et non dans l’Espace Successions [3][4]. Elle suit la déclaration à la mairie du lieu de décès, à faire dans les 24 heures avec le certificat de décès établi par un médecin, la gendarmerie ou le commissariat [4].
À la Banque Populaire, le décès se déclare en prenant rendez-vous avec le conseiller succession, qui demande l’acte de décès ; selon les établissements, « e-solution Succession » permet de le déclarer en ligne sans attendre de rendez-vous [4]. À la Caisse d’Epargne, il faut contacter l’agence qui détient les comptes, en remettant la copie du certificat de décès et du livret de famille, la carte et le chéquier du défunt, les numéros de comptes connus, les coordonnées des héritiers et celles du notaire [3]. La Caisse d’Epargne indique aussi qu’un contrat d’assurance obsèques se vérifie avant de contacter les pompes funèbres [3].
Que deviennent les comptes du défunt et que peut-on régler ?
Dès que la banque a connaissance du décès, elle bloque les comptes dont la personne décédée était seule titulaire : plus aucun dépôt ni retrait n’y est enregistré, et les procurations prennent fin [5]. Restent possibles les virements de tiers, comme une pension de retraite versée avant que l’organisme soit informé, et les prélèvements correspondant à des dépenses engagées avant le décès, dans la limite des fonds disponibles [5].
Les comptes peuvent aussi être débloqués pour régler les frais de funérailles, les soins de la dernière maladie et les impôts dus par le défunt, dans la limite de 5 965 € [5]. Pour les obsèques, la banque prélève sur présentation de la facture réglée, même si la personne qui a payé n’est pas héritière [8]. Attention aux anciens montants : la page de la Caisse d’Epargne cite encore 5 796,27 €, fixé par un arrêté de 2013, alors que service-public.gouv.fr indique 5 965 € [3][5]. Les comptes sont clôturés après le règlement de la succession ; si le solde est inférieur à 5 965 € et que la succession ne comporte pas de bien immobilier, un héritier peut clôturer seul le compte [5].
Quand le notaire est-il obligatoire et quel délai pour la déclaration de succession ?
Le notaire est obligatoire dans trois cas, et la déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois du décès en France métropolitaine [6][7].
| Situation de la succession | Ce que le notaire doit établir |
|---|---|
| Elle comprend un bien immobilier | L’attestation de propriété immobilière [6] |
| Son montant est égal ou supérieur à 5 965 € | L’acte de notoriété prouvant la qualité d’héritier [6] |
| Il existe un testament ou une donation entre époux | Le recours au notaire est imposé [6] |
Les pages des banques fixent un autre seuil : la Caisse d’Epargne et la Banque Populaire exigent un notaire lorsque les avoirs au décès dépassent 5 000 € hors assurance vie, ou si le défunt louait un coffre individuel [3][4]. Le rôle du notaire dans le déblocage des fonds est détaillé pour un autre cas : l’ex-conjoint qui bloque l’argent de la vente chez le notaire.
Le délai de 6 mois court à compter du jour du décès : pour un décès le 14 mars, la déclaration est due au plus tard le 14 septembre, prorogée au premier jour ouvrable si le dernier jour est un dimanche ou un jour férié [7]. Elle se dépose en deux exemplaires au centre des finances publiques (pôle enregistrement) du dernier domicile du défunt, par les héritiers ou par le notaire [7].
Questions fréquentes
Que devient le coffre-fort loué par le défunt ?
Dès que la banque a connaissance du décès, elle bloque l’accès au coffre loué par le défunt, et les procurations sur le coffre prennent fin [5]. Si le coffre est lié à un compte joint, il n’est pas bloqué, mais il est recommandé de demander le blocage et un inventaire en présence des héritiers et du cotitulaire [5]. À la Caisse d’Epargne, l’ouverture d’un coffre au seul nom du défunt se fait sur présentation d’un acte de notoriété, en présence de tous les héritiers ou du notaire [3].
Le compte joint du défunt est-il bloqué ?
En principe non : le compte reste ouvert, sauf opposition des héritiers du cotitulaire défunt, et continue comme compte des cotitulaires survivants [5]. En cas de solde négatif, la banque peut demander au survivant de régler la totalité des sommes dues [5].
La banque peut-elle facturer des frais de succession ?
Oui, pour les démarches qu’elle effectue (inventaire des fonds, vérification des pouvoirs et de l’identité des héritiers, transfert d’argent). Ces frais sont plafonnés à 1 % du solde total des comptes et produits d’épargne du défunt, sans pouvoir dépasser 857 € [5].
Dans quel délai organiser les obsèques, et qui avance les frais ?
Les obsèques doivent en principe avoir lieu dans les 14 jours ouvrés qui suivent le décès. Sans contrat d’obsèques souscrit par le défunt, les frais incombent à l’héritier, qui peut ensuite demander un remboursement sur la succession ou aux autres héritiers [8].
Les cartes et chéquiers du défunt restent-ils utilisables ?
Non : à la Caisse d’Epargne, la carte et le chéquier du défunt sont à remettre à l’agence lors de la déclaration, et le blocage des comptes individuels interdit toute nouvelle opération hors celles prévues par la loi [3][5].
Sources
Sources consultées le 23 octobre 2026. Les numéros dans le texte renvoient aux références suivantes, présentées sans liens cliquables.
- BPCE Assurances, « Vos démarches », assurances.groupebpce.com. Adresse : https://www.assurances.groupebpce.com/vos-demarches/
- BPCE Vie, « Espace Successions Assurances », page de connexion, espace-successions.groupebpce.com. Adresse : https://espace-successions.groupebpce.com/
- Caisse d’Epargne, « Les premières actions à mener auprès de la banque », modifié le 4 juin 2026. Adresse : https://www.caisse-epargne.fr/succession-transmission/premieres-actions-banque/
- Banque Populaire, « Succession : accompagner le décès d’un proche ». Adresse : https://www.banquepopulaire.fr/conseils/succession-accompagner-deces-proche/
- Service-Public.gouv.fr, « Que devient un compte bancaire en cas de décès ? », vérifié le 22 juin 2026. Adresse : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1451
- Service-Public.gouv.fr, « Le recours à un notaire est-il obligatoire dans le cadre d’une succession ? », vérifié le 1er janvier 2026. Adresse : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1295
- Service-Public.gouv.fr, « Déclaration de succession ». Adresse : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R10279
- Service-Public.gouv.fr, « Qui doit payer les frais d’obsèques ? », vérifié le 1er janvier 2026. Adresse : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F17059


