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Titres-restaurant sans carte dédiée : comment ça marche pour le salarié et l’employeur ?

01 Rubrique
Paiements
02 Publié le
4 novembre 2026
03 Lecture
3 min
04 Rédaction
Assiette de déjeuner et verre d’eau sur une table de bistrot en terrasse

Plus de carte dédiée à sortir, plus de solde à surveiller : de nouveaux titres-restaurant fonctionnent avec la carte bancaire habituelle du salarié. La dépense est réglée normalement, puis remboursée après contrôle dans une application. Pour l’employeur, le cadre ne change pas : part patronale, plafond d’exonération et règles d’usage restent ceux du droit commun.

En bref

  • Le salarié paie avec sa carte ou son téléphone, puis associe la dépense éligible à sa cagnotte repas.
  • L’employeur finance entre 50 et 60 % du titre, avec une exonération limitée à 7,32 euros par titre émis en 2026.
  • Le plafond d’utilisation reste de 25 euros par jour, quel que soit le support.
  • Une proposition de loi votée à l’Assemblée le 12 octobre 2026 prévoit la fin du papier au 1er janvier 2028 : elle n’est pas encore définitive.

Comment fonctionne un titre-restaurant sans carte dédiée ?

Le principe repose sur la synchronisation bancaire. Olenbee, une entreprise française fondée en septembre 2024, propose ainsi des titres restaurant sans carte prépayée : le salarié règle son repas avec sa carte habituelle, son téléphone ou sa montre connectée.

L’application repère ensuite les dépenses éligibles. Le salarié valide celle qu’il veut associer à sa cagnotte, et le montant correspondant lui revient sur son compte bancaire. L’achat et le remboursement sont donc deux étapes distinctes, ce qui suppose d’avancer la somme au moment de payer.

Ce schéma change surtout la logistique. L’entreprise n’a plus de cartes à commander ni à remplacer, et le commerçant n’a pas à encaisser un moyen de paiement supplémentaire. Selon l’éditeur, aucun terminal spécifique n’est nécessaire côté restaurateur.

Que doit payer l’employeur en 2026 ?

Proposer des titres-restaurant n’est pas obligatoire. L’employeur peut choisir une prime de déjeuner ou un restaurant d’entreprise. S’il opte pour les titres, il prend à sa charge entre 50 et 60 % de leur valeur, le reste étant payé par le salarié.

Règle en 2026Montant ou limite
Part de l’employeurEntre 50 et 60 % de la valeur du titre
Exonération de cotisationsJusqu’à 7,32 euros par titre
Valeur ouvrant droit à l’exonération maximaleEntre 12,20 et 14,64 euros
Plafond d’utilisation25 euros par jour

Au-delà de 7,32 euros, la contribution de l’employeur entre dans l’assiette des cotisations. Le titre est par ailleurs considéré comme un avantage social : un salarié qui n’en reçoit pas doit obtenir une indemnité équivalente à la participation de l’employeur.

Ce poste s’examine avec les autres avantages. Une mutuelle d’entreprise, par exemple, relève d’une logique différente, mais pèse elle aussi sur le coût par salarié.

Quelles dépenses restent autorisées ?

Depuis la dérogation prolongée par la loi du 21 janvier 2025, les titres peuvent payer tout produit alimentaire, directement consommable ou non, comme les pâtes, le riz, l’huile ou la farine. Cette souplesse est maintenue jusqu’au 31 décembre 2026.

Pâtes, riz, huile et légumes frais posés sur un plan de travail en bois

Un paiement par carte personnelle ne fait pas disparaître ces limites. Dans ce modèle, c’est l’application qui filtre les dépenses retenues, et non le terminal du commerçant. Un achat payé mais jugé non éligible reste donc à la charge du salarié.

Qu’est-ce qui pourrait changer en 2028 ?

L’Assemblée nationale a adopté le 12 octobre 2026 une proposition de loi qui prolongerait les courses alimentaires en 2027, puis les rendrait permanentes à partir de 2028. Le titre papier disparaîtrait au 1er janvier 2028.

Le texte prévoit aussi l’utilisation le dimanche et les jours fériés pour tous les bénéficiaires, et un relevé annuel des frais pour les commerçants. Son examen au Sénat était annoncé pour le 19 novembre 2026 : ces mesures ne s’appliquent donc pas à ce stade.

Questions fréquentes

Le salarié doit-il avancer l’argent ?

Avec un remboursement après coup, oui : la dépense passe d’abord sur son compte, puis le montant validé lui est reversé. Le délai de retour est à vérifier auprès de l’émetteur choisi.

Le plafond de 25 euros s’applique-t-il sans carte dédiée ?

Le plafond journalier fixé par la réglementation ne dépend pas du support. Avant de signer, demandez à l’émetteur comment son application le prend en compte lorsqu’une dépense dépasse cette somme.

Une petite entreprise peut-elle réserver les titres à certains salariés ?

Oui, à condition que les autres perçoivent une indemnité d’un montant équivalent à la participation financière de l’employeur, comme le rappelle la Commission nationale des titres-restaurant citée par le ministère de l’Économie.

Sources

  • Ministère de l’Économie, « Titres-restaurant : les 5 informations à connaître », 13 janvier 2026. Adresse : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-ses-ressources-humaines-et-ses-salaries/titres-restaurant-les-5-informations-connaitre
  • TPE Actu, « Titres-restaurant : ce que l’Assemblée nationale vient de voter », 13 octobre 2026. Adresse : https://tpeactu.fr/2026/10/13/titres-restaurant-reforme-courses-restaurants-tpe/
  • Éditions Tissot, « Réforme des titres-restaurant », 23 juin 2026. Adresse : https://www.editions-tissot.fr/actualite/droit-du-travail/reforme-des-titres-restaurant-perennisation-de-leur-usage-etendu-et-fin-des-remises-commerciales-accordees-par-les-emetteurs

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