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Qu’est-ce que le paiement par carte « Of London » ?

01 Rubrique
Paiements
02 Publié le
1er avril 2025
03 Lecture
6 min
04 Rédaction
Qu’est-ce que le paiement par carte « Of London » ?

Deux mots anglais sur une ligne du relevé, un montant, aucune enseigne reconnaissable : la mention « Of London » intrigue d’autant plus qu’elle ressemble à un nom de carte ou de service de paiement. Comprendre le paiement par carte « Of London » revient en réalité à savoir lire un libellé bancaire, puis à connaître les droits du titulaire quand l’opération n’est pas la sienne. Une mauvaise lecture coûte soit un remboursement manqué faute d’avoir agi à temps, soit une carte bloquée pour rien.

En bref

  • « Of London » n’est pas un type de carte : la Banque de France distingue les cartes de débit, les cartes de crédit, les cartes commerciales et les cartes prépayées, et ces mots, s’ils figurent sur un relevé, relèvent du libellé d’un paiement, qui ne correspond pas toujours à l’enseigne.
  • Pour un paiement que vous n’avez pas autorisé, il faut d’abord faire opposition à la carte, puis demander le remboursement à la banque, qui doit rembourser immédiatement et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de la contestation.
  • Un paiement frauduleux ne peut pas être remboursé s’il date de plus de 13 mois ; pour un paiement effectué hors de l’Espace économique européen, le délai de remboursement est de 70 jours.
  • Le signalement de la fraude peut se faire en ligne sur Service-Public.fr (démarche Perceval) et donne un récépissé à transmettre à la banque.

« Of London » est-il un type de carte ou un moyen de paiement ?

Non : « Of London » ne correspond à aucune des catégories de cartes de paiement décrites par la Banque de France, qui sont les cartes de débit, les cartes de crédit (à débit différé ou adossées à un crédit renouvelable), les cartes commerciales et les cartes prépayées. Une carte de paiement est émise par un établissement agréé, avec un support physique ou dématérialisé dans une application mobile.

Ces mots se lisent plutôt comme une partie du libellé d’une opération, c’est-à-dire l’intitulé qui s’inscrit sur le relevé à la suite d’un paiement par carte. Une question écrite déposée à l’Assemblée nationale et publiée au Journal officiel du 13 octobre 2026 (n° 18879) relève que ces intitulés peuvent être difficiles à identifier, notamment lorsque le nom affiché ne correspond pas clairement à l’enseigne auprès de laquelle l’achat a été réalisé, particulièrement pour les achats sur internet.

La même question demande si le Gouvernement envisage d’harmoniser ces libellés, avec le nom commercial du bénéficiaire et le lieu de la transaction ou la mention de son caractère dématérialisé.

Comment identifier le commerçant derrière une ligne inconnue ?

Le recoupement se fait en quatre gestes, du plus simple au plus formel.

  1. Relever la date, le montant exact et la nature de la ligne sur le relevé, puis les comparer aux achats de la période, y compris ceux d’un autre utilisateur habituel de la carte.
  2. Chercher dans la messagerie une confirmation de commande, une facture ou un message d’abonnement correspondant à ce montant.
  3. Vérifier les achats en ligne, pour lesquels la difficulté d’identification est la plus marquée.
  4. Contacter le conseiller bancaire habituel pour obtenir des explications sur une opération qui semble anormale, avant toute démarche plus formelle.

Si le commerçant est établi à Londres, au Royaume-Uni, le paiement peut relever des paiements effectués hors de l’Espace économique européen, pour lesquels le délai décrit plus bas est différent. D’autres libellés étrangers donnent lieu à des recherches comparables, comme dans les articles sur la mention LREL London et sur le prélèvement forf p.stat web.

Que faire si le paiement n’a pas été autorisé ?

Il faut faire opposition à la carte au plus vite, c’est-à-dire bloquer son utilisation, en contactant la banque ou le serveur interbancaire d’opposition au 0 892 705 705, ouvert 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. Un numéro d’enregistrement est remis : il constitue la trace datée de la demande.

La procédure se poursuit en trois temps.

  1. Signaler la fraude aux forces de l’ordre, en ligne par la démarche Perceval (identification par FranceConnect, avec numéro d’opposition, numéro de carte et relevés) ou par une plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur.
  2. Transmettre le récépissé à la banque avec la demande de remboursement.
  3. Réclamer à la banque le remboursement du montant débité.

Le signalement en ligne est traité par la gendarmerie nationale, et un courriel accuse réception sous quelques heures. Il peut être anonyme, mais le déclarant n’est alors pas informé des suites ; la plainte exige de donner son identité et engage son auteur.

Quels délais de contestation et de remboursement s’appliquent ?

Un paiement frauduleux n’est plus remboursable au-delà de 13 mois, et le délai de remboursement est de 70 jours lorsque le paiement a été effectué hors de l’Espace économique européen. Le tableau reprend les délais de la fiche de Service-Public.fr.

SituationRègle
Remboursement par la banque après contestationImmédiatement, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de la contestation
Paiement frauduleux dans l’Espace économique européenNon remboursable s’il date de plus de 13 mois
Paiement effectué hors de l’Espace économique européenDélai de remboursement de 70 jours
Opposition faite tardivementLa banque peut refuser de rembourser

Le délai se compte à partir de la date du paiement, d’où l’intérêt de relire régulièrement le détail de ses paiements par carte plutôt que d’attendre l’extrait de fin d’année.

Qui doit prouver que l’opération était autorisée ?

Toute opération de paiement doit être autorisée par le payeur, en application de l’article L133-6 du Code monétaire et financier, et c’est à la banque de prouver que l’opération a été authentifiée, enregistrée, comptabilisée et qu’elle n’a pas été affectée par une déficience technique ou autre (article L133-23). L’enregistrement de l’opération par la banque ne suffit pas nécessairement à prouver que le titulaire l’a autorisée ou qu’il a commis une négligence.

En cas de désaccord sur le remboursement, la voie amiable passe par le médiateur bancaire, puis par la justice : le tribunal de proximité ou le tribunal judiciaire jusqu’à 10 000 €, le tribunal judiciaire au-delà. Le médiateur n’est saisissable qu’après une réclamation écrite préalable auprès de la banque, sans réponse sous 2 mois (15 jours pour un service de paiement) ou jugée insatisfaisante.

Questions fréquentes

Un abonnement dont on ne se souvient plus est-il une fraude ?

Non, si l’achat ou la souscription a bien été fait avec sa propre carte : la fiche définit la fraude par un achat que le titulaire n’a pas effectué, alors que la carte est toujours en sa possession. Un abonnement oublié se règle avec le professionnel concerné. L’opposition permet en revanche de bloquer la carte et d’empêcher un prélèvement automatique sur celle-ci.

Faire opposition à la carte est-il payant ?

Cela peut l’être : le serveur interbancaire d’opposition est un numéro surtaxé, facturé 0,35 € la minute en plus du prix de l’appel selon la Banque de France, et Service-Public.fr rappelle que le coût de la procédure varie selon les banques. La Banque de France indique aussi que l’établissement financier met en place son propre numéro d’opposition, accessible 24 h sur 24.

Faut-il obligatoirement déposer plainte ?

Non : la fiche parle d’un conseil de déclarer la fraude aux forces de l’ordre, par signalement ou par plainte. En revanche, lorsque la fraude a été signalée en ligne, le récépissé doit être transmis à la banque pour la demande de remboursement.

Que faire si la carte a été perdue ou volée ?

Il faut signaler la perte ou le vol de la carte, puis porter plainte contre les agissements. La Banque de France demande de faire opposition immédiatement, par le numéro de la banque, par le serveur interbancaire ou depuis l’espace client lorsque la banque le propose.

Les frais d’incident liés à la fraude sont-ils remboursés ?

Oui. La banque doit rembourser toutes les sommes débitées ainsi que les agios éventuels, c’est-à-dire les frais d’incident de paiement qu’a entraînés l’opération frauduleuse.

Sources

Sources consultées le 23 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Banque de France, « La carte de paiement », particuliers, banque-france.fr. https://www.banque-france.fr/index.php/fr/a-votre-service/particuliers/mieux-connaitre-moyens-paiement/carte-paiement
  • Assemblée nationale, question écrite n° 18879 « Libellés bancaires », 17e législature, publiée au Journal officiel du 13 octobre 2026, page 9507. https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-18879QE.htm
  • Service-Public.fr, « Fraude à la carte bancaire », vérifié le 13 février 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31324
  • Ministère de l’Économie, DGCCRF, « Fraude à la carte de paiement : quels sont vos droits ? », economie.gouv.fr, écrit le 5 février 2020. https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/fraude-la-carte-de-paiement-quels-sont-vos-droits
  • Service-Public.fr, « Médiateur bancaire : comment le saisir ? », vérifié le 28 juillet 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20523

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