Que signifie le prélèvement « forf p.stat web » sur mon relevé bancaire ?

Une ligne inconnue sur le relevé, un montant qui n’a rien d’évident et un intitulé qui ressemble à un code interne : le prélèvement « forf p.stat web » intrigue d’autant plus qu’il n’indique pas qui l’a émis. Les banques affichent les opérations sous une forme abrégée, et le nom du créancier n’y figure pas toujours en toutes lettres. Avant de bloquer quoi que ce soit, mieux vaut savoir si ce débit est dû, auprès de qui le vérifier et combien de temps il reste pour agir.
En bref
- Le libellé « forf p.stat web » ne nomme pas le créancier et ne figure pas dans la liste des abréviations de relevé publiée par le Crédit Agricole ; seul le mandat de prélèvement, qui porte l’identifiant du créancier (ICS) et la référence unique de mandat (RUM), permet de savoir qui prélève.
- Un prélèvement autorisé se conteste dans les 8 semaines suivant le débit, la banque remboursant dans les 10 jours ouvrables ; un prélèvement non autorisé se conteste jusqu’à 13 mois après le débit.
- Pour empêcher un nouveau débit, il faut révoquer le mandat auprès du créancier, ou faire opposition auprès de la banque au plus tard à la fin du jour ouvrable qui précède le débit.
- Contester un prélèvement n’annule pas une dette réelle : si la somme est due, le créancier peut la réclamer par un autre moyen.
Que dit le libellé « forf p.stat web » sur celui qui prélève ?
Il ne dit rien de certain : ce libellé n’indique ni le nom du créancier ni la nature exacte du service facturé. Les relevés fonctionnent par abréviations, et le Crédit Agricole publie la liste des siennes : PRLV, PRELEVMNT ou PRELEVMT pour un prélèvement, COTIS pour une cotisation, ABON pour un abonnement, COM pour une commission, EF pour des effets. « Forf » et « p.stat » n’y apparaissent pas.
Mot à mot, l’intitulé associe « forf » et « web », que l’on peut rapprocher d’un forfait et d’un canal internet. Ce ne sont que des indices de lecture, pas une identification. Pour savoir à qui la somme est versée, il faut le mandat : l’autorisation de prélèvement est matérialisée par un mandat SEPA, qui comporte au minimum un titre, la référence unique de mandat, les coordonnées du créancier, son identifiant de créancier SEPA (ICS) et une mention légale. Le mandat est signé avec le relevé d’identité bancaire du compte à débiter.
Un prélèvement qui porte ce libellé n’est donc ni forcément frauduleux ni forcément légitime : tout dépend de l’existence d’un mandat, et c’est ce document qu’il faut retrouver.
Comment retrouver le créancier derrière un prélèvement inconnu ?
Il faut remonter du débit jusqu’au mandat, en partant de trois éléments que le relevé donne : la date, le montant et la périodicité. La démarche tient en quatre étapes.
- Relevez la date exacte du débit et le montant, puis regardez sur les mois précédents si la même somme revient à intervalle régulier. Un débit unique et un débit récurrent ne se cherchent pas de la même façon.
- Cherchez dans votre messagerie, y compris les courriers indésirables, une confirmation de commande, une facture ou un courriel de souscription, en saisissant le montant comme mot de recherche.
- Demandez à votre banque, au service clientèle ou en agence, les références de l’opération : identité du créancier, ICS et RUM, à rapprocher d’un mandat.
- Une fois le créancier identifié, demandez-lui la copie du mandat. Il est tenu de vous informer à l’avance du montant et de la date des prélèvements, par exemple avec un échéancier ou une facture, et vous pouvez lui réclamer cette information si vous ne l’avez pas.
Si rien ne correspond après ces vérifications, le prélèvement relève de la contestation pour opération non autorisée, avec le délai le plus long.
Dans quels délais contester un prélèvement que l’on ne reconnaît pas ?
Le délai dépend de l’existence d’un mandat : 8 semaines après le débit si le prélèvement était autorisé, 13 mois s’il ne l’était pas. Le tableau reprend les trois démarches possibles.
| Démarche | Délai pour agir | Résultat attendu |
|---|---|---|
| Contestation d’un prélèvement autorisé | 8 semaines après la date du débit | Remboursement par la banque dans les 10 jours ouvrables suivant la demande |
| Contestation d’un prélèvement non autorisé | 13 mois après la date du débit | Remboursement au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la demande |
| Opposition avant le débit | Au plus tard à la fin du jour ouvrable précédant le jour convenu pour le débit | Le prélèvement à venir est bloqué |
Le délai de 13 mois est ramené à 70 jours lorsque le bénéficiaire est établi hors de l’Espace économique européen. La contestation d’un prélèvement déjà débité se fait par une demande écrite à la banque, avec le motif, par exemple un montant différent de celui annoncé.
La banque peut facturer des frais pour ces opérations, et une contestation non justifiée peut entraîner une facturation complémentaire de la part du créancier. Ces frais figurent dans la documentation tarifaire de la banque.
Comment arrêter les prélèvements suivants ?
Le mandat peut être révoqué à tout moment, sur demande du débiteur adressée à son créancier. Si les débits continuent après la résiliation d’un contrat, la démarche consiste à envoyer au créancier une demande de révocation du mandat et à en informer la banque en indiquant la RUM.
La banque accepte aussi la demande de révocation : il faut lui donner le nom et les coordonnées précises du créancier et prévenir celui-ci en même temps de la résiliation. La révocation se fait le plus souvent sans frais.
Un point de vigilance concerne les sommes réellement dues. Contester ou révoquer ne supprime pas la dette : si de l’argent reste dû, il faut le régler par un autre moyen, dans les échéances fixées, faute de quoi le créancier peut suspendre le service et engager des recours. Un prélèvement rejeté faute de provision suffisante donne lieu à des frais bancaires, et le créancier peut ajouter des pénalités.
Un forfait de post-stationnement peut-il être à l’origine du débit ?
C’est une piste à confirmer ou à écarter si un stationnement payant a eu lieu récemment : le forfait de post-stationnement (FPS) s’applique dans une zone où le stationnement est payant, et son montant est fixé par la commune. Il se paie par internet, dans un délai de 3 mois à compter de la notification de l’avis.
Passé ce délai, la majoration est de 20 % du montant restant dû, sans pouvoir être inférieure à 50 euros. Pour contester un FPS, un recours administratif préalable obligatoire doit être envoyé dans un délai d’un mois. Cette piste n’a de sens que si vous avez stationné en zone payante : sans avis de paiement ni stationnement récent, passez à l’identification par le mandat.
Pour d’autres libellés énigmatiques, voyez le prélèvement « LREL London » de 29 euros ou le prélèvement intitulé « gestion assurance ».
Questions fréquentes
Peut-on laisser passer un petit montant sans réagir ?
Le risque est de perdre le droit à remboursement le plus rapide. Un prélèvement autorisé ne se conteste que dans les 8 semaines suivant le débit ; au-delà, seul un prélèvement non autorisé reste contestable, jusqu’à 13 mois. Un petit montant qui se répète chaque mois finit par représenter une somme importante.
La banque facture-t-elle la contestation d’un prélèvement ?
Des frais bancaires peuvent être facturés pour la contestation d’un prélèvement déjà débité, et généralement pour une opposition. Le barème figure dans la brochure tarifaire de la banque, qu’elle doit tenir à disposition de ses clients.
Résilier le contrat suffit-il à arrêter le prélèvement ?
Pas toujours. Si le prélèvement continue après la résiliation, il faut adresser une demande de révocation du mandat au créancier et en informer la banque en indiquant la RUM.
Où trouver la RUM et l’ICS ?
Ces deux références figurent dans le mandat de prélèvement. À défaut du document, demandez-en une copie au créancier une fois celui-ci identifié.
Que se passe-t-il si le compte n’est pas assez approvisionné ?
La banque peut rejeter le prélèvement, ce qui donne lieu à des frais bancaires, et le créancier peut réclamer des pénalités. Si la provision risque de manquer, il faut prévenir immédiatement la banque et le créancier.
Sources
Sources consultées le 23 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Crédit Agricole, « Libellés des opérations bancaires », credit-agricole.fr. Adresse : https://www.credit-agricole.fr/content/dam/assetsca/cr891/commun/documents/tarifs/abre_operations_bancaire.pdf
- Banque de France, « Le prélèvement SEPA », banque-france.fr. Adresse : https://www.banque-france.fr/index.php/fr/a-votre-service/particuliers/mieux-connaitre-moyens-paiement/prelevement-sepa
- Service-public.gouv.fr, « Prélèvement bancaire », vérifié le 9 septembre 2026. Adresse : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20752
- La finance pour tous, « Le prélèvement, le TIP », mis à jour le 31 mars 2026. Adresse : https://www.lafinancepourtous.com/pratique/banque/moyens-de-paiement/virement-tip-et-prelevement/le-prelevement-le-tip/
- Crédit Agricole, « Le paiement par prélèvement », dépliant d’information, credit-agricole.fr. Adresse : https://credit-agricole.fr/content/dam/assetsca/cr802/npc/documents/pdf/guides-bancaires/depliant_info_paiement_prelev.pdf
- Service-public.gouv.fr, « Forfait post-stationnement en cas de stationnement non payé », vérifié le 1er janvier 2025. Adresse : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34440
- Service-public.gouv.fr, « Une banque doit-elle faire connaître ses tarifs à ses clients ? », vérifié le 8 octobre 2026. Adresse : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F848


