Aller au texte

Le magazine des flux : marchandises et argent

Infinite Remit Services Co. Limited : c’est quoi en français ?

01 Rubrique
Paiements
02 Publié le
11 août 2025
03 Lecture
7 min
04 Rédaction
Infinite remit services co. limited, c’est quoi en français ?

Un nom à rallonge, en anglais, sans ville ni enseigne : « Infinite Remit Services Co. Limited » sur un relevé bancaire donne l’impression d’un prestataire de transfert d’argent que l’on n’a jamais sollicité. Que signifie ce libellé en français, et que dit-il vraiment de celui qui encaisse ? Un nom évocateur n’est pas un agrément, et un débit que l’on ne reconnaît pas ne reste pas longtemps contestable : les délais de recours ouvrent une fenêtre qui finit par se refermer.

En bref

  • « Infinite Remit Services Co. Limited » est une raison sociale anglophone qui se traduit par « Services d’envoi de fonds Infinite, société limitée » : le libellé nomme un bénéficiaire de paiement, pas l’enseigne ni le produit achetés, et il ne prouve pas à lui seul que la société est un établissement de paiement agréé [2].
  • Pour relier le débit à un achat, il faut rapprocher la date et le montant du détail de l’opération et d’une confirmation de commande, qui doit mentionner la raison sociale du professionnel [5].
  • L’agrément d’un établissement de paiement se vérifie dans le registre unique de l’ACPR, issu de la fusion de deux registres le 1er juillet 2026 ; les listes noires de l’ACPR et de l’AMF ne sont pas exhaustives [1][2].
  • Un débit non autorisé se signale à la banque dans les 13 mois, et dans les 8 semaines pour obtenir le remboursement automatique d’un prélèvement sans mandat [3][4].

Que signifie « Infinite Remit Services Co. Limited » en français ?

Littéralement, le nom se traduit par « Services d’envoi de fonds Infinite, société limitée » : « remit » renvoie à l’envoi d’argent et « Limited » à une forme de société à l’anglaise. Il s’agit de la dénomination du bénéficiaire telle qu’elle s’affiche sur le relevé. Seul un registre peut confirmer l’identité, l’adresse et le statut de la société, et seul le détail de l’opération la relie à un achat précis.

Un nom qui évoque l’envoi d’argent ne vaut pas agrément. L’ACPR rappelle que les établissements de crédit, les sociétés de financement, les établissements de paiement ou de monnaie électronique et les organismes d’assurance doivent être agréés, qu’exercer sans agrément est illégal, et qu’un professionnel agréé dans un autre État de l’Espace économique européen peut exercer en France en libre établissement ou en libre prestation de services [2].

Comment savoir à quel achat correspond ce libellé ?

Le moyen le plus fiable est de rapprocher la date et le montant du débit d’un achat en ligne ou d’un abonnement, puis de lire la confirmation de commande : le professionnel doit communiquer sa raison sociale, son adresse de siège, son courriel et son numéro d’immatriculation, et confirmer ces informations sur un support durable après la conclusion du contrat [5]. Dans l’ordre :

  1. Ouvrez le détail de l’opération dans l’application bancaire : date exacte, montant, mode de paiement (carte ou prélèvement) et pays éventuellement indiqué.
  2. Cherchez dans la messagerie, indésirables compris, une confirmation de commande ou une facture datée de la même période, et le nom de la société qui y figure comme vendeur ou encaisseur.
  3. Passez en revue les achats récents auprès de boutiques étrangères et les périodes d’essai gratuites arrivées à échéance ; la DGCCRF signale que les offres gratuites, les essais et les prix dérisoires cachent souvent un abonnement [5].
  4. À défaut, demandez à la banque, par écrit, l’identité du bénéficiaire du débit, puis vérifiez-la dans un registre.

D’autres libellés étrangers posent la même question, comme le paiement par carte « Of London ».

Que peut-on vérifier dans les registres officiels ?

Un registre donne une identité, jamais l’enseigne commerciale ni la raison d’un débit. Depuis le 1er juillet 2026, le registre des agents financiers et celui des organismes d’assurance ont fusionné : il indique si un acteur est autorisé par l’ACPR à exercer en France, avec sa dénomination sociale, l’adresse de son siège et son périmètre d’agrément [1]. Pour un établissement enregistré dans un autre pays européen, il est vivement conseillé de consulter aussi le registre de l’autorité du pays d’origine ; un intermédiaire se vérifie auprès de l’ORIAS [1].

Pour la société elle-même, le registre des sociétés du pays d’immatriculation (Companies House au Royaume-Uni, le Companies Registry à Hong Kong, le CRO en Irlande) fournit la dénomination, le siège et le statut. À titre d’illustration, la fiche de Companies House d’une société londonienne montre ses anciens noms, son adresse et son code d’activité, comme dans le cas du prélèvement LREL London [6]. Les listes noires de l’ACPR et de l’AMF recensent les sites ou entités qui usurpent l’identité de professionnels autorisés, mais leurs inscriptions ne sont pas exhaustives : l’absence d’un nom ne signifie pas qu’il soit autorisé [1].

Dans quels délais contester le débit ?

Un débit non autorisé se conteste auprès de la banque dans un délai maximum de 13 mois à compter du débit, et « sans tarder » après sa découverte [4]. Les délais varient selon la nature de l’opération.

SituationDélai pour agirEffet
Opération non autorisée ou mal exécutée13 mois à compter du débit (Espace économique européen) [4]Remboursement immédiat et intégral par la banque [4]
Prélèvement sans aucune autorisation signée8 semaines pour demander le remboursement [3]Droit au remboursement inconditionnel et automatique [3]
Opération autorisée sans montant exact, supérieure à ce que le profil de dépenses laissait attendre8 semaines à compter du débit [4]Réponse de la banque sous 10 jours ouvrables [4]
Opération réalisée hors de l’Espace économique européen70 jours, jusqu’à 120 jours par contrat [4]Même remboursement, délai plus court [4]

Lorsque l’opération est contestée comme non autorisée, c’est à la banque de prouver la fraude ou la négligence grave du client [4]. Le dépassement des 13 mois est un délai de forclusion : il ne peut plus donner lieu à remboursement [3][4].

Comment bloquer de nouveaux débits et signaler le cas ?

La DGCCRF recommande de demander immédiatement à la banque de bloquer tout prélèvement anormal, que l’on ait ou non autorisé le débit [3]. Pour un prélèvement SEPA, la banque peut bloquer tous les prélèvements d’une société, ce qui empêche tout nouveau débit sans mettre fin au litige : il reste utile d’informer la société que les prélèvements cessent [5][3].

Si les coordonnées de carte ont été utilisées à l’insu de leur titulaire, le signalement se fait sur la plateforme gouvernementale Perceval, accessible via service-public.fr avec FranceConnect : il facilite le remboursement et centralise les plaintes [4]. Un abonnement caché se signale sur SignalConso, et le médiateur de la consommation peut être saisi si la réponse du professionnel est insatisfaisante [5].

Questions fréquentes

Cette société figure-t-elle sur une liste noire de l’ACPR ?

Le libellé seul ne permet pas de conclure. Les listes noires visent les sites et entités qui usurpent l’identité de professionnels autorisés, mais elles ne sont pas exhaustives : l’absence d’un nom ne vaut pas autorisation à proposer des services bancaires ou financiers en France [1]. La vérification utile est celle du registre d’agrément.

Bloquer les prélèvements d’une société dispense-t-il de payer ce qu’on lui doit ?

Non : le blocage des prélèvements SEPA d’une société empêche tout nouveau prélèvement, mais le client reste redevable des sommes dues au titre du contrat qui le lie éventuellement au professionnel [3]. Pour un débit que l’on conteste, il faut donc réclamer au professionnel le remboursement des sommes déjà prélevées [5].

Combien de temps la banque garde-t-elle la trace d’un paiement par carte ?

La banque doit conserver les documents et enregistrements relatifs aux opérations par carte pendant treize mois, et ces enregistrements peuvent servir de preuve [4]. Ce délai coïncide avec celui de la contestation : attendre davantage prive à la fois du droit au remboursement et de la trace de l’opération.

Que faire si la banque refuse de rembourser ?

Il faut d’abord lui adresser une réclamation écrite, puis saisir le médiateur dont elle relève : la médiation de la consommation est gratuite pour le consommateur, doit être demandée dans l’année qui suit la réclamation écrite, et ne peut pas être engagée sans cette démarche préalable [7].

Un nom en anglais sur le relevé signifie-t-il un achat à l’étranger ?

Le nom ne suffit pas à le dire, et le lieu compte : le délai de contestation est de 13 mois pour une opération dans l’Espace économique européen, mais de 70 jours seulement hors de cet espace, jusqu’à 120 jours selon le contrat [4]. Il est donc utile de demander à la banque le pays enregistré pour l’opération.

Sources

Sources consultées le 23 octobre 2026. Les numéros dans le texte renvoient aux références suivantes, présentées sans liens cliquables.

  1. ABE Infoservice (Banque de France, ACPR), « Un portail désormais unique pour vérifier l’autorisation d’exercer en France des établissements bancaires, financiers et des organismes d’assurance », mise en ligne le 21 juillet 2026. Adresse : https://www.abe-infoservice.fr/fr/actualites/un-portail-desormais-unique-pour-verifier-lautorisation-dexercer-en-france-des-etablissements
  2. ACPR, « Vérifier un agrément », mise à jour le 24 septembre 2026. Adresse : https://acpr.banque-france.fr/proteger-la-clientele/vous-etes-un-particulier/verifier-si-un-professionnel-est-agree-immatricule
  3. DGCCRF, « Prélèvements bancaires : comment vous opposer à des prélèvements indus ? », economie.gouv.fr, 17 décembre 2024. Adresse : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/prelevements-bancaires-comment-vous-opposer-des-prelevements-indus
  4. Institut national de la consommation, « Comment contester une opération de paiement par carte bancaire ? », inc-conso.fr, 21 novembre 2024. Adresse : https://www.inc-conso.fr/content/comment-contester-une-operation-de-paiement-par-carte-bancaire
  5. DGCCRF, « Abonnements cachés ou assurances liées : comment les éviter et s’en défaire », economie.gouv.fr, 8 novembre 2023. Adresse : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/abonnements-caches-ou-assurances-liees-comment-les-eviter-et-sen-defaire
  6. Companies House (Royaume-Uni), « OPENPOST LTD, company number 15002772 », fiche de société. Adresse : https://find-and-update.company-information.service.gov.uk/company/15002772
  7. DGCCRF, « La médiation de la consommation : ce que vous devez savoir », economie.gouv.fr, 20 mai 2025. Adresse : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/la-mediation-de-la-consommation-ce-que-vous-devez-savoir

Dans la même rubrique

Paiements : toute la rubrique